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Chirurgie cardiaque adulte

 

Pathologies traitées

 

La maladie coronaire :

 

La maladie des artères coronaires, lorsqu’elle frappe l’ensemble du réseau coronaire et que les lésions sont menaçantes et non accessibles à un traitement par angioplastie (dilatation et stent), constitue une excellente indication de pontages coronaires. Cette revascularisation chirurgicale du réseau artériel coronaire est faite sur chacune des artères malades. Elle aboutit dans la majorité des cas à la réalisation de 3 à 5 pontages. Ces pontages sont réalisés de préférence avec les artères thoraciques, dites artères mammaires internes, en raison de leur supériorité sur les pontages effectués avec la veine saphène prélevée à la jambe. Ces techniques de revascularisation coronaire multiple, exclusivement artérielle, ont été largement développées à Marie Lannelongue depuis une vingtaine d’années et appliquées chez tous les opérés en raison de la qualité des résultats obtenus à long terme.

 

Les pontages coronaires peuvent être faits en association avec d’autres gestes tel qu’un remplacement valvulaire.

 

Les maladies des valves cardiaques :

 

Le rétrécissement de la valve aortique est la maladie valvulaire la plus fréquente. Le traitement est le remplacement de la valve par une prothèse valvulaire. La prothèse valvulaire peut être une valve artificielle dite « mécanique » ou une valve biologique appelée aussi bioprothèse. Le choix se décide en fonction de l’âge et des antécédents du malade et en accord avec lui après l’avoir informé des avantages et des inconvénients de chaque type de prothèse. Chez certains malades âgés pour lesquels l’opération comporterait un risque démesuré, l’implantation d’une valve aortique par voie percutanée peut être envisagée. Cette technique est encore trop récente pour pouvoir être proposée en routine.

 

L’insuffisance aortique ou fuite de la valve aortique se traite aussi le plus souvent par un remplacement valvulaire.

 

L’insuffisance mitrale ou fuite de la valve mitrale vient en deuxième position au sein des maladies valvulaires. Elle se traite dans l’immense majorité des cas par réparation de la valve (valvuloplastie) et mise en place d’un anneau (annuloplastie).

 

Le rétrécissement mitral devenu rare en France se traite par commissurotomie percutanée, sinon par commissurotomie chirurgicale ou remplacement valvulaire. Les atteintes valvulaires tricuspidiennes rarement isolées se traitent de préférence par chirurgie répatrice.

 

Les mutilations valvulaires et cardiaques sévères, telles que celles observées dans les endocardites infectieuses sont traitées par exérèse complète de tous les foyers infectieux intracardiaques. Elles peuvent nécessiter des techniques complexes de reconstruction cardiaque pour restaurer un orifice valvulaire en zone solide et éviter le risque de récidive.

 

Les maladies de l’aorte :

 

Les anévrismes ou dilations de l’aorte constituent une indication opératoire lorsqu’ils exposent au risque de rupture du fait de leur taille. La chirurgie consiste à remplacer le segment d’aorte malade par un tube en Dacron. La complexité du geste varie selon le siège et l’étendue de l’anévrisme sur l’aorte. Lorsque l’anévrisme débute à l’origine de l’aorte (aorte ascendante), il englobe la valve aortique et la naissance des artères coronaires. L’opération de remplacement de l’aorte ascendante va imposer de réimplanter les deux artères coronaires et la valve aortique sur le tube en Dacron. Si la valve aortique est indemne de lésion, elle peut être conservée et réinsérée dans le tube (opération de David). Dans le cas contraire, elle doit être remplacée (valve rétrécie et calcifiée) par une prothèse valvulaire (Opération de Bentall).

 

Le remplacement de la crosse aortique impose de réimplanter les vaisseaux à destinée cérébrale. Une technique de perfusion continue des artères avec monitorage du débit et de la pression permet d’effectuer l’opération dans les meilleures conditions de sécurité pour la protection du cerveau. Les anévrismes de l’aorte thoracique descendante et thoraco-abdominale peuvent être traités selon leur localisation et leur étendue soit par un remplacement de l’aorte avec un large abord chirurgical soit par endoprothèse introduite et déployée à l’intérieure de l’aorte grâce à un abord de l’artère fémorale.

 

Le service prend en charge jour et nuit les urgences et notamment les dissections aortiques qui réalisent une véritable urgence en raison de la fissuration de l’aorte et de ses branches et qui impose un diagnostic rapide pour permettre une opération d’extrême urgence avant la rupture complète de l’aorte qui serait fatale.

 

Les maladies du muscle cardiaque :

 

Les cardiomyopathies primitives (maladies du muscle cardiaque) et les complications de l’infarctus du myocarde (destruction du muscle cardiaque) peuvent aboutir à une défaillance cardiaque irréversible malgré un traitement médical lourd. Un bilan complet est nécessaire avant de proposer une transplantation cardiaque ou d’une assistance circulatoire de type cœur artificiel.

 

Maladies diverses :

 

Les tumeurs cardiaques (myxome, fibroelastome et autre tumeur) sont traitées par résection faite sous circulation extra corporelle. Le centre chirurgical Marie Lannelongue possède un longue expérience dans ce type de pathologie. Il en est de même pour les maladies du péricarde, appelées péricardites, qu’elles soient d’origine infectieuse ou dues à une radiothérapie pour maladie de Hodgkin ou cancer.

 

Opérations combinées :

 

Les troubles du rythme cardiaque (arythmie) associés à des affections valvulaires ou à une maladie coronaire peuvent être traités dans le même temps opératoire par ablation des foyers arythmogènes.

 

La chirurgie valvulaire est souvent associée à des pontages coronaires lorsque coexistent ces deux maladies.

 

En collaboration avec le service de chirurgie thoracique, une maladie cardiaque associée à une tumeur broncho-pulmonaire peut être traitée simultanément en une seule opération menée à deux équipes.