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Chirurgie thoracique & vasculaire

 

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Les pôles principaux de l’activité du Département de Chirurgie Thoracique vasculaire et de Transplantation cardio-pulmonaire, sont la chirurgie de la cage thoracique non cardiaque, la chirurgie vasculaire, la transplantation pulmonaire et cardio-pulmonaire et la chirurgie de l’hypertension pulmonaire post-embolique.

 

1878 interventions chirurgicales ont été réalisées en 2007, auxquelles il faut ajouter les prélèvements d’organes dans d’autres centres sur des donneurs aux fins de transplantation et différentes interventions dans les autres principaux hôpitaux de l’université paris XIII : l’IGR pour des interventions vasculaires cancérologiques, Antoine Béclère et Bicêtre pour des urgences thoraciques et vasculaires.

 

Parallèlement à l’activité chirurgicale, sont faits des endoscopies interventionnelles sous anesthésie générale, des cathétérismes, des embolisations bronchiques pour hémoptysies, des endoscopies trachéo-bronchiques, le suivi des transplantés (153 patients suivis en 2007) nécessitant des soins parfois de réanimation lors des épisodes infectieux et autres.

 

L’activité de chirurgie thoracique non cardiaque de l’hôpital Marie Lannelongue est particulièrement originale par son orientation vers des interventions complexes que sont la chirurgie élargie des cancers du thorax, la chirurgie de l’axe viscéral aérodigestif médiastinal, la chirurgie de l’hypertension artérielle pulmonaire post-embolique et la transplantation cardio-pulmonaire et pulmonaire. Cette chirugie est l’une des plus importantes au monde quantitativement et qualitativement.

L’activité du Département peut qualitativement se décomposer en 13 pôles chirurgicaux principaux :

 

1. L’activité de chirurgie pleuropulmonaire

 

Elle inclut certes la chirurgie pleuropulmonaire conventionnelle (exérèses pulmonaires, chirurgie de la plèvre etc.), mais est en fait, de plus en plus orientée vers les interventions chirurgicales complexes ou originales pour cancer du poumon mises au point à Marie Lannelongue :

 

Chirurgie d’exérèse des tumeurs broncho-pulmonaires envahissant la bifurcation trachéo-bronchique, la veine cave supérieure, l’aorte thoracique la paroi thoracique ou l’apex pleuropulmonaire faites quelquefois sous CEC, pour des patients qui sont adressés de toute la France et de l’étranger.
 
Cette chirurgie des cancers bronchiques est en pleine expansion car le cancer bronchique est le seul cancer augmentant en fréquence et parce que la chimiothérapie loin de restreindre les indications chirurgicales au contraire les augmente en rendant opérables des cancers initialement inopérables. D’autre part le développement de l’imagerie moderne permet de détecter précocement les cancers bronchiques dans les populations à risque en augmentant les indications chirurgicales.
 
Le bien fondé de la chirurgie des cancers bronchiques non à petites cellules avec extension locale appelé T4 vient d’être publiée dans Annals of Thoracic Surgery (2008 in press)

 

Les métastases pulmonaires de cancers digestifs, génitaux, de sarcomes osseux ou des parties molles etc, sont de plus en plus souvent proposées au chirurgien pour exérèse dans le cadre de protocoles multidisciplinaires.

 

Chirurgie des séquelles tuberculeuses ou chirurgie de l’aspergillose pulmonaire qui pose encore des problèmes complexes faisant en sorte que ces malades nous sont habituellement envoyés de différents CHU ou CHR français, car peu d’équipes ont l’expérience de ce type de chirurgie.

 

Chirurgie plastique trachéo-bronchique qu’il s’agisse de résection anastomose bronchique de tumeur lobaire, de cure de fistule bronchique après exérèse pulmonaire ou de chirurgie de reconstruction de la bifurcation trachéo-bronchique. Le développement de ces techniques a fait significativement diminuer le nombre de pneumonectomies au profit des lobectomies élargies avec réimplantation bronchique et vasculaire sur le médiastin ; ces techniques ont démontré leur efficacité à la fois sur le plan carcinologique et sur la survie (congrès de l’AATS en avril 2005 :plus grande série mondiale de résections de la bifurcation trachéobronchique pour carcinome. Congrès de l’AATS de 2006 : plus grande série de résections-reconstructions de l’axe bronchique après lobectomie.)

 

2. Chirurgie des tumeurs médiastinales

 

A côté de la chirurgie d’exérèse des tumeurs bénignes du médiastin, qui sont devenues des interventions de routine, nous avons développé depuis 1980 une technique particulière d’exérèse des tumeurs malignes du médiastin envahissant les structures vasculaires, notamment la veine cave supérieure moyennant le remplacement de celles-ci par des prothèses en PTFE avec des résultats tout à fait satisfaisants puisque le taux de survie à 5 et 10 ans est d’environ 50 %. Cette chirurgie d’exérèse élargie s’adresse aux thymomes, aux cancers peu différenciés du médiastin, aux tumeurs germinales primitives du médiastin, aux sarcomes et tumeurs carcinoïdes malignes.

 

Dans le cadre de la chirurgie d’exérèse des tumeurs du médiastin, nous avons développé il y a 10 ans, une technique de curage ganglionnaire trans-diaphragmatique du médiastin postérieur permettant ainsi d’étendre à l’espace inframédiastinal postérieur les curages ganglionnaires rétropéritonéaux des cancers du testicule après chimiothérapie.

 

Cette chirurgie faite souvent conjointement à l’exérèse de métastases pulmonaires, offre des chances très importantes de guérison chez ces patients souvent très jeunes.

 

Une grande partie des tumeurs germinales du médiastin sont adressées à notre centre pour intervention d’exérèse de première ou de seconde intention en raison de la difficulté de cette chirurgie et par le fait que les dossiers de ces patients sont souvent regroupés et discutés après échec de première et deuxième ligne de chimiothérapie.

 

3. Chirurgie de la paroi thoracique

 

Les tumeurs primitives ou secondaires de la paroi thoracique (sternum, côtes, voire extension vertébrale), les sarcomes radio-induits ou les pariétites post-radiques, notamment après radiothérapie des cancers du sein, peuvent être réséquées au prix de procédés parfois originaux que nous avons développés ces 15 dernières années.

 

Les grandes exérèses de la paroi thoracique antérieure, lorsque la peau doit être réséquée, sont recouvertes par des plasties cutanéo-musculaires à partir des muscles grand droit de l’abdomen, du grand dorsal, du grand pectoral et parfois en lambeau libre au prix de revascularisations microchirurgicales faites en collaboration avec les plasticiens de l’Institut Gustave Roussy.

 

4. Chirurgie des tumeurs envahissant le défilé cervicothoracique

 

Les tumeurs malignes du poumon, localisées au niveau de l’apex pariéto-pulmonaire, ou celles développées à partir de la paroi thoracique au niveau de la jonction cervico-thoracique, ont pour particularité d’envahir les structures vasculaires et nerveuses de cette jonction cervico-thoracique dont la complexité anatomique est connue. Nous avons décrit, il y a 20 ans une approche originale de ces tumeurs en réséquant la moitié interne de la clavicule et en opérant ces patients par voie antérieure contrairement à ce qui est fait habituellement. Depuis cette nouvelle approche s’est progressivement répandue en Europe et aux USA faisant régulièrement l’objet d’articles, de mise au point et de discussions dans les différents congrès internationaux de chirurgie thoracique. Nous avons actuellement opéré par cette voie plus de 130 cancers du poumon responsables de syndromes de Pancoast et Tobias et 80 autres types de tumeurs localisées au défilé cervicothoracique. Il s’agit d’interventions complexes comprenant la résection de la paroi thoracique apicale, la résection et le remplacement des vaisseaux sous claviers, l’exérèse du lobe supérieur du poumon et un curage ganglionnaire médiastinal. Ces interventions sont particulièrement longues et difficiles lorsque l’exérèse doit comporter une hémivertebrectomie des trois ou quatre premières vertèbres thoraciques associée à une ostéosynthèse rachidienne.